[Conférences] Cycle : sur la piste des grands singes

Le singe en propre ? Regards savants sur l’anatomie et les comportements des anthropoïdes au XIXe siècle


Conférence de Claude Blanckaert, directeur de recherche au CNRS, Docteur en histoire et philosophie des sciences, membre du Centre Alexandre Koyré (CNRS - EHESS - MNHN), il est coresponsable du séminaire "Le Muséum national d'histoire naturelle, objet d'histoire" (CAK-MNHN).

Vers 1800, les grands singes sont méconnus dans leurs espèces et leurs aptitudes réelles. À l’image de l’homme de nature du siècle des Lumières, l'anthropoïde restera longtemps une créature intermédiaire, identique à l’homme physique dont il partage la sensibilité et les excès. Il appartiendra à l’anatomie fonctionnelle de mesurer l’étendue de son intelligence et les conditions de la perfectibilité pour définir les voies de production de l’"être singe" et sa place dans l’échelle du vivant.

Milieu de vie des grands singes : la forêt tropicale


Bernard Riéra, spécialiste en écologie tropicale, chargé de recherche au CNRS, département Ecologie et Gestion de la biodiversité, Muséum

La forêt tropicale est riche de nombreuses espèces qui ont co-évoluées avec les animaux qui y vivent. La lente évolution d’espèces qui vivent dans ce milieu a permis la réalisation d’un vaste assemblage d’espèces qui co-habitent grâce à de nombreux mécanismes. Parmi ces mécanismes la dispersion des espèces tant végétales qu’animales, joue un rôle très particulier et important au maintien de cette biodiversité.

Dans ce système, les éléphants tant consommateurs de fruits que de feuilles jouent un rôle important. Ils participent à la dispersion des grosses graines dont ils sont les seuls consommateurs et disperseurs naturels. Ils créent aussi des perturbations plus ou moins importantes qui favorisent la régénération d’espèces qui aiment la lumière. La mortalité crée des ouvertures plus ou moins grandes qui permettent à des plantes qui aiment la lumière de trouver des conditions favorables à leur germination et croissance.

Le bon goût de la viande de primate : des interdits traditionnels aux virus VIH et Ebola

En Afrique centrale, du point de vue des populations consommatrices, la chasse des primates, le partage de la viande et l’usage de certaines parties de leur corps sont légitimes, inscrits dans des cadres matériels et symboliques précis. Inversement, cette consommation, strictement prohibée par l’islam, de façon variable selon les christianismes, est combattue par les protecteurs de l’environnement et des animaux.

L’horreur suscitée chez ces derniers par ces repas cannibales, ne leur permet pas de penser le point de vue de l’autre, alors que, d’un point de vue anthropologique, on peut les envisager comme des expressions opposées de zoophilie. La survenue, ces dernières décennies, d’épidémies humaines de fièvres hémorragiques à virus Ébola, succédant à des épizooties décimant les populations de gorilles et de chimpanzés, a réactivé les mobilisations nationales et internationales quant à l’interdiction de leur chasse et de leur consommation. Il s’agit à la fois d’une démarche légitime et d’un détournement du raisonnement.

Alain Epelboin, médecin anthropologue, vidéaste, chargé de recherche au CNRS, dept Hommes, Natures et Sociétés, Muséum, est spécialisé dans les domaines de l’anthropologie du corps, de la santé, de la maladie, du malheur et du "guérissage". Sa démarche théorique est anthropologique et multidisciplinaires, marquée par des allers et retours entre les ethnosciences et les sciences biomédicales. L’un de ses terrains anthropologiques "actifs" concerne les épidémies de fièvre hémorragique à virus Ebola et Marburg en Afrique Centrale.

Débat : Les grands singes et la forêt, quel avenir pour les grands singes ?


Débat animé par Marie-Odile Monchicourt, journaliste, ayant eu lieu le lundi 9 mars 2015 à l’Auditorium de la Grande Galerie de l’Évolution.

Participants :
Serge Bahuchet, éco-anthropologue, Muséum
Jean Bakouma, Directeur Adjoint Biodiversité et Empreinte Ecologique au WWF France
Sabrina Krief, primatologue, Muséum
Francis Rougier, directeur général du Groupe ROUGIER

Last modified: Wednesday, 18 November 2015, 2:43 PM