Qui se ressemble s’assemble … ou pas !

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canard chimpanze chauve souris Grand rhinolphe - MNHN Bourges

©P.Lafaite - MNHN

© B.Faye - MNHN

© MHNBourges

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Arbre phylogénétique
Arbre phylogénétique montrant les relations de parenté entre le Canard, le Chimpanzé et la Chauve-souris. La truite est définie comme extra-groupe.

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Un arbre phylogénétique nous montre qu’il existe 3 types de ressemblances entre les espèces :

  • Des ressemblances dues à un caractère primitif partagé, trop général pour pouvoir opérer une classification au sein de l’échantillon présent. Par exemple dans cet arbre, les trois espèces se ressemblent parce qu’elles ont des vertèbres, mais cela ne nous dit rien sur « qui est plus proche de qui ? »
  • Des ressemblances dues à des caractères dérivés partagés. Ces ressemblances sont celles qui permettent de créer des classifications phylogénétiques. Avant de construire cet arbre, nous avons implicitement fait le pari (« homologie primaire ») que les mamelles et la mandibule faite du seul os dentaire étaient acquises d’un ancêtre commun pour le chimpanzé et la chauve souris. L’arbre le plus parcimonieux nous enseigne que nous avons eu raison. Ces ressemblances sont des homologies confirmées, ou « homologies secondaires ».
  • Des ressemblances qui correspondent à des caractères dérivés non obtenus par ascendance commune. En effet, au cours du déroulement évolutif, des caractères qui se ressemblent beaucoup peuvent être acquis plusieurs fois indépendamment dans des lignées différentes. Par exemple, les mammifères « ont fait de la taupe » deux fois : une fois en Australie (la taupe marsupiale) et une fois en Eurasie (la taupe placentaire), sans que les ancêtres respectifs de ces animaux n’aient eu une forme de taupe. 
  • Ces convergences évolutives s’expliquent car la plupart des contraintes physiques que subissent les espèces sont les mêmes partout. Ainsi, les ailes de notre échantillon ne sont pas homologues en tant qu’ailes. On a appris à voler une fois chez les chauves-souris et une autre fois chez les oiseaux. Ces phénomènes expliquent pourquoi, dans une matrice de caractères, les caractères semblent se contredire les uns les autres. Nous avons fait des paris sur l’homologie des caractères, mais pour certains d’entre eux nous nous sommes trompés, sans pouvoir détecter notre erreur a priori.
    Cela se produit toujours : il n’existe pas de matrice de caractères qui ne contienne pas de la contradiction interne. Ces contradictions entre caractères s’appellent des homoplasies, ou incohérences de la matrice. Un arbre donné possède une certaine quantité d’homoplasies, ou ressemblances non héritées d’un ancêtre commun. Ici, l’arbre b présente une homoplasie : l’aile.

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=> Ces 3 types de ressemblances ont une importance pédagogique considérable puisqu’ils montrent que l’association d’espèces par simple critères de ressemblance n’a pas toujours de sens évolutif. L’enseignant pourra gérer l’homoplasie en choisissant un échantillon d’espèces dont il contrôle les ressemblances trompeuses. 

 

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Last modified: Monday, 23 April 2018, 5:42 PM