Des nouvelles de l'Astrolabe

 
 

Cette année le Pack rencontré avant d'accéder à la base Dumont d'Urville (DDU) était particulièrement important, empêchant la progression du navire. Les rotations de l'Astrolabe ont donc été fortement perturbées, et des chercheurs n'ont pu embarquer comme prévu, la mission "COCA" a été annulée. Aller en Antarctique relève encore de l'expédition !

 

Vidéo : Progression de l'Astrolabe en Antarctique  © Denis Dausse

 

Cependant, Denis Dausse, du Laboratoire LOCEAN, UPMC (Université Pierre et Marie Curie) était à bord et s'est occupé de prélever des échantillons d'eau de mer pour des lycéens.

 
 

Message de Denis Dausse à bord de l'Astrolabe 17/01/2013 :

"Nous sommes partis le 10/01 au soir de Hobart et nous voilà dans le pack à environ 100km de la base.
Il y a de la glace partout et le bateau progresse à petit pas, cassant
la banquise à son rythme."

 

 

Interview de Denis Dausse , ingénieur d'étude

 

Quel a été votre parcours étudiant et professionnel avant d’intégrer le laboratoire LOCEAN ?

    
Cela fait quatre ans que je travaille au laboratoire LOCEAN. Ma formation initiale est universitaire. J’ai une licence en électronique puis j’ai enseigné huit ans dans un lycée professionnel avant de postuler pour ce poste. Il nécessite mes compétences d’électronicien mais je dois aussi être polyvalent lors des missions en mer.  Je dois également être disponible (en moyenne deux mois par an) pour partir en mission plusieurs fois, sur des bateaux océanographiques. A titre d’exemple, cette année, ma mission sur l’Astrolabe en Antarctique sera ma cinquième mission. Depuis Janvier, je suis allé deux fois en mission au large du Sénégal, j’ai travaillé également en Méditerranée et j’ai aussi embarqué sur le bateau TARA entre  New York et les Bermudes.

 
En quoi consiste votre travail ?

 
A terre :
Je prépare le matériel de mesure nécessaire aux chercheurs lors des campagnes océanographiques (faire la maintenance, réparer le matériel défectueux…). Je m’occupe aussi de la logistique (m’assurer que le matériel sera à bord à temps, que rien ne manque, que j’ai de quoi réaliser des réparations éventuelles...).
Un autre aspect de mon métier est le développement d’instruments nouveaux. En fonction des besoins des chercheurs, nous sommes souvent amenés à  concevoir et fabriquer dans notre atelier des instruments sur mesure.
 
A bord :
Les instruments arrivent en kit, il faut les remonter, réaliser les nombreuses connections.
Les instruments électroniques sont soumis à deux contraintes principales, la pression et l’eau de mer ! Par exemple, les joints doivent être inspectés minutieusement car la moindre imperfection peut entrainer une infiltration d’eau puisqu’ils sont soumis à une pression considérable lors des mesures. Il faut aussi être capable de détecter la panne éventuelle d’un instrument, et alors s’adapter pour trouver une solution quand un problème se pose, réparer avec les moyens du bord.
En Mer, il faut aussi analyser les données reçues par les instruments pour vérifier qu’elles sont cohérentes. On peut être amené à réaliser  des corrections d’étalonnage sur les capteurs.

 

Quel est plus précisément votre rôle à bord de l’Astrolabe ?

 
Au cours d'une campagne de nombreux programmes différents ont lieu. Mon travail intervient dans le cadre du programme ALBION, où je serai responsable des mesures (CTD, rosette et mouillage).

 
 

Accéder par le site de l'IPEV aux informations sur l'Astrolabe : cliquer ici

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Accéder au blog de Thomas Nebout, chercheur envoyé par l'IPEV comme hivernant en Antarctique en 2013, à la base Dumont d'Urville : "LES CHRONIQUES DE NEBOUT DU MONDE" cliquer ici

 

Extrait du blog de Thomas Nebout   : lundi 28 janvier 2013
 
Ça tourne !
 
Mercredi 23 janvier, 6h du matin : celui que l’on n’attendait plus est en vue à l’entrée de la passe du Lion. L’Astrolabe est enfin de retour après 3 semaines d’attente. Ces derniers-jours, les spéculations allaient bon train quant à une arrivée possible ou non du bateau et les conséquences induites.
 
Une base polaire comme celle de Dumont D’Urville fonctionne grâce à des ravitaillements en vivres et en fuel. Chaque année, quatre ravitaillements sont prévus, courant de novembre à février. Si une rotation vient à sauter, cela remet en cause l’organisation de la vie sur la base. Le bateau n’arrivant pas, nous en sommes arrivés au point, où il a fallu céder de la nourriture pour approvisionner l’autre base franco-italienne de Concordia. Nous sommes rentrés en phase de rationnement en quelque sorte. Le mot peut faire peur mais pas de panique tout de même, nous n’en étions pas à sucer de la glace et à ronger les os des manchots ad patres que les skuas dénigrent. Simplement, les salsifis en boîte avaient pris le dessus sur les légumes frais.
 
Cette année semble être assez exceptionnelle en terme de condition de glace au large de DDU. En effet, si nous jouissons actuellement d’une grande polynie (zone d’eau libre) devant la base, le pack sévit à environ cent kilomètres de la côte, agissant comme un véritable bouclier de protection. La difficulté pour l’Astrolabe est alors de parvenir à se frayer un chemin dans ce dédale de glace. La peinture écaillée à la proue du navire témoigne d’ailleurs de l’âpre combat mené par ce dernier pour se frayer un passage à travers le pack.  
 
Une rotation est toujours un moment particulier. Toutes les habitudes que vous aviez sont chamboulées. Une effervescence s’empare de la base. Il faut décharger le navire de ses vivres, de son carburant, de ses passagers, et il faut faire vite. Le pack, ayant relâché momentanément son étreinte, peut à tout moment se refermer à nouveau et ainsi barrer une nouvelle fois la route menant à Hobart. Les partants s’affairent de leurs côtés à rassembler leurs effets personnels, non sans quelques émotions.  Avec le départ du bateau, une journée seulement après son arrivée, je récupère une chambre, seul. Tout est allé si vite. Je peux enfin m’installer et agrémenter ces 4 murs blancs de quelques couleurs. Après presque trois mois ici, c’est le moment pour moi de déballer mes affaires et de découvrir ma malle aux trésors ! Vous n’imaginez pas combien la découverte de ces quelques surprises m’ont fait du bien, et parfois fait rire. Alors, un grand merci à vous tous.
 

 

Accéder par le site de l'IPEV à des informations sur la base Dumont d'Urville : cliquer ici
 
Accéder à la photo satellite de la zone du glacier de Mertz aujourd'hui : cliquer ici
 
 
             
Last modified: Tuesday, 22 January 2019, 11:45 AM