Estimation du sexe



A. Lemonnier et S. de Reguardati, enseignantes de sciences physiques et chimiques



Mise en garde préalable :
Les différentes méthodes présentées ici ne constituent pas une liste exhaustive et sont parfois choisis pour leurs utilisations pédagogiques possibles. La totalité d’un squelette apporte des données informatives, nous détaillerons davantage des méthodes réalisées à partir de crânes.
Cette discipline continue d’évoluer, Quelques soit les méthodes utilisées, elle nécessite des données statistiques populationnelles. Les nouvelles technologies d’imagerie permettent de réaliser de nouvelles études sur des échantillons de population de plus en plus importants, permettant ainsi de rendre ces méthodes de plus en plus précise.


Le dimorphisme sexuel dépend de l’action des hormones sexuelles, et de l’environnement. Il est donc plus difficile à évaluer chez l’enfant avant la puberté.
Il n’existe ainsi pas de méthodes uniques qui puissent être utilisé à tout âge. Nous présentons ici des techniques qualitatives qui permettent de déterminer le sexe d’un individu qui a atteint une maturité biologique soit après 18-20 ans. Il existe également de nombreuses méthodes quantitatives.

Estimation du sexe à partir de la morphologie de son bassin osseux
Estimation du sexe à partir de la morphologie du crâne



1. Estimation du sexe à partir de la morphologie de son bassin osseux

Les os du bassin sont très informatifs, car ils sont directement liés à des exigences fonctionnelles telles que la reproduction.


bassin
© Musée de l'Homme, MNHN




2. Estimation du sexe à partir du crâne


Certains caractères crâniens diffèrent selon le sexe de l’individu. Une méthode qualitative basée sur la robustesse de certains traits crâniens (plus robustes en général chez les hommes que chez les femmes), permet d’évaluer le sexe d’un individu.
La fiabilité de cette méthode en raison d’une part de subjectivité et d’incertitude non négligeable est estimée aux alentours de 80%. Elle ne peut s’appliquer que sur des individus adultes, en effectuant des comparaisons entre individus issus de mêmes populations (l’environnement pouvant avoir une incidence cruciale sur la morphologie)


Plusieurs caractères sont étudiés : Notamment la protubérance occipitale externe, le processus mastoïde, le bord supérieur de l’orbite, la Glabelle.


protubérance processus mastoide trigonum glabella

Photographies © Musée de l'Homme, MNHN



Cet article : Comment se manifeste le dimorphisme sexuel chez Homo sapiens ? ( Dans le dossier ENSEIGNER LA BIODIVERSITÉ ) présente les différences morphologiques entre un homme et une femme.
Il présente une méthode qualitative d’estimation du sexe qui fait appel aux notions de robustesse et de gracilité du crâne des individus de sexe masculin et féminin.

Un exercice d’application est proposé ici pour vous entrainer à ce genre de diagnose.

La proposition d’activité suivante: "Il faut restituer la Vénus hottentote à l'Afrique du sud", illustre ces caractères à partir de gravures historiques.
A partir de gravures, réalisées par Armand de Quatrefages et Ernest Théodore Hamy, les élèves estiment le sexe et l’origine de deux crânes pour identifier celui appartenant à la « Vénus hottentote ».









La taille du cerveau, le sexe et l'intelligence

Au début du XIXe siècle, les médecins anatomistes cherchaient à comprendre l'esprit humain à travers la forme des bosses du crânes selon la théorie de la phrénologie, pseudo science fondée par Franz Joseph Gall (1820) .
« On s’est demandé si la petitesse du cerveau de la femme ne dépendait pas exclusivement de la petitesse de son corps. Pourtant il ne faut pas perdre de vue que la femme est en moyenne un peu moins intelligente que l’homme. Il est donc permis de supposer que la petitesse relative du cerveau de la femme dépend à la fois de son infériorité physique et de son infériorité intellectuelle ». (Broca, 1861)
Les anthropologues et anatomistes ont consacré de nombreux travaux à l’étude des relations entre le volume du cerveau, le sexe et l’intelligence (Gould, 1997).
Les phrénologues, affirmaient que les régions du cerveau qui correspondaient aux fonctions, qu'un individu utilisait beaucoup, s'hypertrophiaient (devenaient plus grosses), tandis que les fonctions qui étaient négligées s'atrophiaient. Leur vision du cerveau était qu'il avait une surface bosselée et bulbeuse, et un "paysage" unique pour chaque individu, reposant sur leurs forces et faiblesses intellectuelles et neurologiques particulières. Ainsi, en mesurant ces bosses, on pouvait connaître les caractéristiques dominantes d’un individu comme « la bosse des math. » ! Malgré la fantaisie de cette théorie, il subsiste des réserves de crânes et moulages de cette époque dans les musées.

(En savoir plus : http://eduscol.education.fr/cid47784/le-cerveau-a-t-il-un-sexe%A0.html#taille)







sophie Germain
coll. Dumoutier, MNHN-HA-11811
Buste de Marie-Sophie Germain

Mathématicienne française (1776 - 1831), Marie-Sophie Germain est connue pour le théorème d’arithmétique qui porte son nom, pour ses échanges avec le mathématicien Carl Friedrich Gauss et pour ses travaux sur l’élasticité des corps. Elle accepta que l’on fasse un moulage à son décès pour illustrer la déformation intentionnelle de son crâne.
(en savoir plus sur le lien : pathologie et traumatime.)






Last modified: Wednesday, 4 February 2015, 12:59 PM