Importance et rôles des parcs zoologiques

dans la sauvegarde et la compréhension de la biodiversité

Michel Saint Jalme, directeur de la Ménagerie du Jardin des Plantes


Les collections d’animaux en captivité existent depuis l’antiquité. L’animal a été successivement :
  • culte, en Egypte 5000 av. J-C, où ibis, serpents, lions, hippopotames... étaient élevés dans les temples
  • trophées de guerre (Egypte, Indes, Grèce...) : éléphants, sangliers, lions précédaient les armées
  • sujets pour des jeux (Rome)
  • symbole de pouvoir du Moyen-Age au XVIIème siècle
A ces époques les rois et princes possédaient des Ménageries privées.

La Ménagerie du château de Versailles fut la première à s’ouvrir à la science et de nombreux travaux d’anatomie comparée s’y développèrent. Mais il fallut attendre la deuxième moitié du XVIIIème siècle pour voir les Ménagerie s’ouvrir au public. Après la ménagerie de Schönbrunn à Vienne en 1752, la Ménagerie du Jardin des Plantes fut la seconde à accueillir des visiteurs. C’est Bernardin de Saint Pierre (1737-1814), dernier intendant du Jardin du Roi, qui en 1793 écrit un mémoire sur la nécessité de joindre une ménagerie au Jardin des Plantes. Les objectifs attendus étaient : d’associer à l’anatomie comparée des études sur le comportement et la physiologie des animaux ; de pouvoir héberger les dons des souverains étrangers ; d’acclimater les animaux sauvages et développer de nouvelles espèces domestiques ; de participer à l’éducation des classes populaires et de donner aux artistes, aux poètes et aux écrivains la possibilité de baser leurs œuvres sur les animaux vivants.

Zarafa la girafe
Zarafa la girafe. Les premiers zoos furent parfois alimentés par des contacts diplomatiques (cas de Zarafa la girafe offerte à Charles X en 1826 par Méhémet Ali, vice-roi d'Egypte de l’époque)
© Bibliothèque centrale MNHN, Paris 2011


Dès sa création en 1794 la Ménagerie du Jardin des Plantes fut considérée par la communauté scientifique internationale comme « the Mecca of zoologist ». Dès lors et jusqu’au milieu du XXème siècle, les parcs furent une source où de nombreux chercheurs venaient abreuver leur soif de connaissance. Si les parcs zoologiques jouèrent un rôle significatif dans l’établissement de nouvelles disciplines telle que l'éthologie, le développement de la société de consommation et de loisir les détournèrent bien vite d’une de leurs missions originales pour en faire des parcs de loisirs.

Depuis les années 80 cependant, les parcs zoologiques ont pris conscience du rôle qu’ils pouvaient jouer dans la préservation de la diversité du vivant et ils se sont investis dans des programmes de conservation in et ex-situ. A travers une nouvelle discipline scientifique, la biologie de la conservation, les parcs participent maintenant à des programmes de recherche destinés à :
  • améliorer les conditions de maintien des animaux en captivité (pathologie, nutrition, bien-être, enrichissement environnemental...) ;
  • gérer les populations (génétique, taxonomie, biologie de la reproduction) ;
  • améliorer les connaissances sur le vivant (éthologie, biologie évolutive, médecine vétérinaire...).


Panda roux
Le Panda roux de la Ménagerie du Jardin des Plantes . Il est l’objet d’un programme de conservation européen auquel participe cette ménagerie.
La Ménagerie du Jardin des Plantes, c’est 5 hectares et demi au coeur de Paris dédiés à la faune sauvage, avec près de 2 000 animaux : 210 mammifères de 50 espèces, 320 oiseaux de 80 espèces, 200 crocodiles, tortues, serpents..., 150 amphibiens de 10 espèces, 1100 insectes, araignées...

© P. Lafaite, MNHN

Il ne faut pas négliger cependant le rôle d’éducation et de diffusion de la culture scientifique des ménageries et zoos. La rencontre avec les animaux offre l’opportunité de reconnecter le citadin à la nature, de sensibiliser le public et les scolaires à la nécessité de la sauvegarde – et de la compréhension – de la biodiversité.


Modifié le: mercredi 4 février 2015, 12:59