Quelques méthodes actuelles d'inventaire en botanique et entomologie

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Auteures : Claudie Bonnet et Sophie Pons (enseignantes SVT, MNHN)

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Les méthodes présentées ici ont été mises en œuvre à l'occasion de l'expédition Mozambique-Madagascar (programme La Planète Revisitée) en 2009-2010. La partie terrestre de cette expédition se déroulait dans la forêt tropicale sèche du Mozambique. Ce sont quelques outils et techniques utilisés par les chercheurs pendant cette mission qui vous sont présentés ici sous la forme d'une iconographie commentée.

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Quelques méthodes de collecte en botanique

Le repérage des zones à explorer se fait sur carte avec les photos satellites de la région. Les naturalistes notent les positions de récolte d’échantillon sont obtenues grâce au GPS (ci-dessous).

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Figure 1 : La collecte des plantes © Julien Blanc-Gras - MNHN

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Les plantes sont collectées avec différents outils : par exemple Jonathan Timberlake collecte un échantillon au sécateur (ci-dessus à droite).

Des grimpeurs professionnels sont également sollicités pour la collecte dans les arbres.

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Figure 2 : Salim Annebi, grimpeur, récupère une fleur sur un arbre (Erythrina sacleuxii). On a identifié cette espèce au Mozambique pour la première fois en 2008. Auparavant, on ne la connaissait qu’à Madagascar et nulle part ailleurs sur le continent africain © Julien Blanc-Gras - MNHN.

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Puis les échantillons sont observés à la loupe, numérotés, étiquetés :

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Figure 3 : Numérotation d'une plante collectée © Julien Blanc-Gras - MNHN

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Les plantes sont alors mises en herbier dans du papier journal :

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Figure 4 : Hermenegildo Matamele, botaniste mozambicain, conditionne les échantillons de la journée © Julien Blanc-Gras - MNHN
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Figure 5 : Dépôt des feuillets dans une presse en bois © Julien Blanc-Gras - MNHN

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sechoirFigure 6 : Séchage des presses à l’aide d'un brûleur © Julien Blanc-Gras - MNHN

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Les échantillons d’une même plante ont été ensuite divisés en plusieurs lots identiques, certains sont laissés sur place aux instituts scientifiques locaux, d'autres sont rapportés à Paris au MNHN ou dans d'autres centres scientifiques, pour être décrits et identifiés. Dans le cadre de cette expédition précisément, les échantillons ont été étudiés à Londres, au jardin botanique de Kew où se trouvent beaucoup de spécialistes des plantes d'Afrique du Sud Est.

Il s'écoule en moyenne deux mois entre la récolte et la première étude des échantillons... si l'acheminement se passe bien (dédouanement, problèmes phytosanitaires...). L’étude complète prend généralement encore beaucoup plus de temps et on revient parfois des dizaines d’année après sur certains échantillons.

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Quelques méthodes de collecte en entomologie

Pour trouver des insectes, il n'y a pas toujours besoin de pièges, certains peuvent se trouver directement dans leurs habitats (fleurs, bois mort, sol…). Les animaux peuvent être capturés à la main, aspirés dans un flacon par l'intermédiaire d'un tube, ou encore pris avec un filet.

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Figure 7 : Astrid Cruaud et son aspirateur à bouche, permettant d’attraper les petits insectes © Julien Blanc-Gras - MNHN

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Les pièges sont variés. Ils peuvent être posés en hauteur, contiennent parfois une substance particulière pour attirer les spécimens, ou sont lumineux pour attirer les insectes nocturnes. Certains sont passifs et interceptent les insectes dans leurs déplacements.

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Figure 8 : Un exemple de piège lumineux, constitué d'un simple drap et d'une lampe, pour attirer les insectes lors des chasses de nuit. Quelques heures après l’installation du piège lumineux, des centaines de spécimens sont au rendez-vous © Julien Blanc-Gras - MNHN

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Figure 9 : Olivier Montreuil, entomologiste MNHN, pose des pièges à base de banane écrasée © Julien Blanc-Gras - MNHN

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Sur le terrain, chaque insecte ou lot d’insecte est associé à un numéro, complété du lieu et de la date de collecte, éventuellement accompagnés d’observations particulières. Par la suite, au laboratoire, le spécimen préparé (piqué ou monté sur une paillette cartonnée) sera associé à une étiquette reprenant les mêmes informations.

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Figure 10 : Inventaire et conditionnement des spécimens après collectes. Cette étape précède la préparation et l'étude en laboratoire. Sur la table, bocaux, microscopes, pinces et coton côtoient les ordinateurs… © Julien Blanc-Gras - MNHN

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Un prélèvement de tissu est réalisé sur une patte (la patte P2 précisément) en vue d'une analyse d'ADN. Cette analyse génétique, qui est faite ultérieurement à Paris au MNHN, contribuera à l'étude des spécimens collectés, et permettra éventuellement de formuler ou conforter l'hypothèse de la découverte d'une nouvelle espèce et d’étudier les relations de parentés entre différentes espèces.

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Pour aller plus loin :

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Version téléchargeable de l'article

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Last modified: Thursday, 27 September 2018, 3:07 PM