La diversité des phénotypes

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Auteur : Bruno Chanet (Professeur, MNHN)
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A l’intérieur d’une même espèce, la diversité des formes, des aspects, des phénotypes peut être grande. Ces différences peuvent s'expliquer par différents facteurs.

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Différences liées à l'âge

Un machaon et sa chenille présentent des aspects fort différents, alors que ce ne sont que deux stades différents du même organisme.

Chenille de machaon
Figure 1 : Chenille © M. Boulard, MNHN
Machaon adulte
Figure 2 : Machaon © P. Lafaite, MNHN
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Différences liées au sexe

Femelle et mâle du canard colvert présentent des colorations très différentes; ils appartiennent cependant à la même espèce.

Canards colverts Figure 3 : Femelle (à gauche) et mâle (à droite) de l’espèce : canard colvert © C. Cauchie
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Cette différence entre sexes de la même espèce, appelée dimorphisme sexuel, est quelquefois si importante chez certaines espèces que les biologistes les ont quelquefois décrites comme des espèces différentes avant de s’apercevoir qu’il s’agissait d’une seule et même espèce.
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Dimorphisme sexuel chez un poisson osseux
Figure 4 : Jusqu’à très récemment (2008), le mâle adulte (à gauche), long de quelques centimètres et la femelle adulte (à droite), dépassant les 15 centimètres, d’une même espèce pélagique de poissons osseux, étaient considérés comme des représentants de deux espèces distinctes appartenant à deux familles différentes © B. Chanet
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Différences liées à des variations locales

Chez toute espèce, une variabilité existe ; les figures suivantes montrent quelques cas de diversité de coloration chez trois espèces de mammifères domestiqués.
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Des chevaux à la robe différente Une vache des Highlands Une vache vosgienne
Figure 5 : Des chevaux à la robe différente © C. Guintard, ENVN Figure 6 : Une vache des Highlands © F. Cauchie Figure 7 : Une vache vosgiennes © C. Guintard - ENVN

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La boîte crânienne humaine, comme celle de tous les vertébrés crâniates, est composée d’os plats entourant l’encéphale, ou cerveau. Ces os sont au nombre d’une dizaine chez l’espèce humaine et sont finement ajustés entre eux.
Crânes humains en vue postérieure
Figure 8 : Crânes humains adultes en vue postérieure © B. Chanet
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Au sein de toute population humaine, des individus peuvent présenter des petits os supplémentaires, dits os de suture ou os wormiens (o.w.). Leur présence ou absence est absolument normale et relève de la simple variation individuelle.

En revanche, plus rare est la présence de l’épactal, ou os des incas, dans la région postérieure, occipitale, du crâne. Seuls quelques pourcents des crânes des populations japonaise, bulgare, turque, nigérienne et indienne le présentent tandis que plus de 27 pourcents des crânes des populations sud-américaines préhispaniques (d’avant la colonisation espagnole) le possèdent.
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Last modified: Friday, 21 September 2018, 2:15 PM