La biodiversité au niveau spécifique : exemple de l'écosystème littoral

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Auteur : Bruno Chanet (Professeur, MNHN)

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La moindre excursion sur un littoral, ici le littoral normand des plages d’Agon Coutainville, nous fait rencontrer une multitude d’organismes vivants. Un amateur éclairé peut identifier plus de 200 espèces lors d’excursions lors de marées basses.

Certaines de ces espèces peuvent être de grande taille et très présentes comme les algues brunes :
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Sargasses
Figure 1 : Des sargasses (jusqu’à 10 m de long)
© M. Tourenne
Fucus vésiculeux
Figure 2 : Un fucus vésiculeux (20 à 30 cm)
© M. Tourenne
Laminaire
Figure 3 : Une laminaire (de 50 cm à 1 m de long)
© M. Tourenne
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D’autres sont plus discrets :
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Crabe littoral
Figure 4 : Crabe littoral (Pachygrapsus marmoratus) de quelques centimètres
© M. Tourenne
Aplysie
Figure 5 : Aplysie (5-6 cm)
© M. Tourenne


D’autres sont plus rares :

Jeune raie brunette
Jeune raie brunette d’une quinzaine de cm, piégée dans une mare littorale © M. Tourenne

Hippocampe

Figure 7 : Hippocampe, 2 cm, victime ici d’un coup de haveneau © M. Tourenne

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Enfin, des espèces sont clairement ignorées alors qu’elles sont abondantes et fondamentales dans cet écosystème où elles assurent le rôle écologique de charognards et détritivores, comme les ligies, les idotées et ce crabe, Portumnus latipes, de moins d’un centimètre vivant dans les interstices des grains de sable.

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LigieLigie
Figure 8 : Les ligies, des crustacés du littoral (2-3 cm) © F. Ziemski

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Idotée
Figure 9 : Une idotée, sur la plage abandonnée (1 à 2 cm)
© M. Tourenne
Crabe
Figure 10 : Un petit crabe du littoral (3-4 cm)
© M. Tourenne

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Sans les voir et quels que soient l’échelle ou les milieux, des êtres vivants sont présents. Ils vivent, se déplacent, se nourrissent, échangent avec leur milieu et entre eux, influent sur ce dernier.

Les relations qu’entretiennent ces organismes peuvent être de plusieurs types :

Figure 11 :

La consommation :
Les êtres vivants, en se mangeant les uns les autres, ont des relations trophiques :

  • Les algues sont consommées par des animaux, eux-mêmes consommés ensuite par d’autres animaux.
  • Les cadavres des animaux et des plantes sont consommés par les détritivores.


La décomposition :
Tous les rejets (cadavres, excréments des animaux, résidus laissés par les détritivores) sont décomposés par des bactéries, ici présentes dans le sable. Les sels minéraux issus de cette décomposition retournent dans l’eau de mer, où ils seront puisés par les algues.

Relations de production, consommation et décomposition

Figure 12 :

Le parasitisme :
Certains organismes vivent aux dépens d’autres en les consommant petit à petit de leur vivant, comme ces anilocres (des crustacés parasites) fixées sur un lieu jaune.

Anilocres fixées sur un lieu jaune

Figure 13 :

La symbiose :
Certains êtres vivants développent des relations d’échanges réciproques, appelées relations de symbiose. La couleur verte des tissus de cette anémone est due à des algues unicellulaires du groupe des dinoflagellés. L’anémone héberge et ainsi protège ces algues, tandis que les algues apportent à l’anémone des molécules issues de la photosynthèse.

Symbiose entre algues unicellulaires et anémone

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Last modified: Friday, 21 September 2018, 1:59 PM