La mise en collection des échantillons

Arrivée des conteneurs de Papouasie à Paris

 Thierry Magniez

Correspondant pédagogique pour les grandes expéditions naturalistes,

Direction de l’enseignement, MNHN

        

Sujet : Cinq mois après le retour des explorateurs, les trois conteneurs sont arrivés à l'entrepôt du MNHN : récit de leur ouverture par les chercheurs.

 

Les conteneurs préparés à Madang et rassemblant tous les échantillons collectés lors du volet marin ont transité par bateau jusqu'en France. Ils sont arrivés dans la région parisienne fin mai.

             

Photographie 1 : Les trois conteneurs arrivés à l’entrepôt du MNHN

©MNHN / Thierry Magniez

Photographie 2 : Conteneur avec matériel d’expédition et collection

© MNHN / Thierry Magniez

                                      

L'ouverture des conteneurs a eu lieu le 28 mai 2013.
Les collectes réalisées durant les trois mois d’expédition en Papouasie-Nouvelle-Guinée ont été mises en conteneurs avec le matériel de terrain. Ces trois conteneurs sont arrivés le 6 mai 2013 après plusieurs mois d’attente depuis la fin de l’expédition en décembre 2012. Les spécimens collectés avaient été listés afin d’obtenir leur permis d’exportation par le gouvernement papou. Une fois ces autorisations obtenues, les conteneurs ont été chargés le 20 mars 2013 sur le YUNAAN, un porte-conteneurs, qui est arrivé au Havre le 30 avril après une escale à Singapour du 3 au 6 avril. Après l’obtention du permis d’importation le 27 mars et du permis CITES, le 8 avril, les services des douanes françaises ont accepté l’entrée en France des trois conteneurs. Le CITES est la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Convention on International Trade of Endangered Species). Le 6 mai, deux camions ont déposé les conteneurs à l’entrepôt du MNHN, là où sont stockés le matériel d’expédition et les collections en attente de traitement.
Durant l’expédition, 1 million de spécimens côté marin et 0,5 million côté terrestre ont été collectés. Les spécimens ont été rangés dans des caisses  et 150 bidons de 60 litres. Ces bidons bleus sont spécifiques pour le transport de produits chimiques car les êtres vivants collectés sont conservés dans l’éthanol.

       

                       

Photographie 3 : Les bidons contenant les spécimens

©MNHN / Thierry Magniez

Photographies 4 et 5 : L’ouverture des conteneurs

© MNHN / Thierry Magniez

               

L’ouverture des conteneurs permet de constater que le transport s’est bien passé. Quelques jours avant cette ouverture officielle, des fumigènes de décontamination avaient été placés dans chaque conteneur afin d’éviter la survie d’espèces qui auraient pu se faufiler entre les bidons. Les piles de bidons ont bien résisté au transport, tout semble en ordre. Bien que les conteneurs soient fermés de façon hermétique, tout est trempé : c’est de la condensation, le toit du conteneur est plein de goutes. Avec de l’air embarqué en Papouasie à plus de 80% d’humidité, ce n’est pas étonnant de retrouver l’intérieur du conteneur trempé.
Des cartons, des boîtes, des caisses, des bidons, du matériel en vrac… les trois conteneurs sont plein à craquer. Quand un bidon est rempli de tubes, de boîtes ou de sacs contenant de l’alcool pour fixer et conserver les spécimens, il peut être très lourd, il faut utiliser le transpalette pour décharger méticuleusement la cargaison.

       

Photographies 6 et 7 : Déchargement du contenu des conteneurs

©MNHN / Thierry Magniez

           

Quelques chercheurs de l’expédition impatients de revoir leur collection sont là pour ouvrir les bidons. Chacun est à la recherche de ses spécimens, grâce aux étiquettes collées ou attachées aux bidons. Retrouver les milliers de Mollusques, de Crustacés, d’Échinodermes, d’Algues, de Plantes, d’Insectes… rangés dans leur flacon d’alcool avec l’étiquette de leur station, six mois après les avoir rangés dans les bidons, après tant d’heures de collecte ou de piégeage, quelle émotion !

  

Photographies 8, 9 et 10 : L’ouverture des bidons

© MNHN / Thierry Magniez
       

La plupart des bidons et des caisses seront ramenés au Muséum afin de mettre les spécimens en collection. Il n’y a pas moins de 22 bidons de 60 litres contenant les prélèvements de tissus de Mollusques en vue de faire du barcoding, 15222 prélèvements pour 3000 à 3300 espèces estimées de Mollusques.  Des familles emballées séparément partiront directement dans des laboratoires aux quatre coins du monde. Des spécialistes pourront se pencher sur les spécimens collectés appartenant à la famille sur laquelle ils travaillent : 7 bidons partiront en Belgique, 7 autres à Montpellier, 8 d’Echinodermes en Floride, 2 de Nudibranches en Californie, 2 autres au Japon et d’autres en Italie…  

    

Photographies 11, 12 et 13: Bidons de spécimens

©MNHN / Thierry Magniez

     

Les caisses, les bidons et le matériel d’expédition sont rangés sur les racks de l’entrepôt à côté d’ossements de baleine et d’autres collections en transit par ce lieu de stockage.

    

Photographies 14 et 15 : Entrepôt de stockage du MNHN

©MNHN / Thierry Magniez