Géographie

Un monde en bleu et blanc

    

Le trait distinctif de l’Antarctique est l’isolement. Sa place la plus méridionale dans le globe terrestre lui confère, ainsi qu’à son océan, des caractéristiques très particulières.

                     

Figure 1 : Vue satellite de l'Antarctique

© 2012 Inav/Geosistemas SRL

US Dept of State Goegrapher

Data SIO, NOAA, US. Navy, NGA, GEBCO

         

La planète bleue

Les cartes du monde que nous utilisons sont en général choisies pour montrer au maximum les continents. La représentation ci-dessus nous montre une autre vision de notre planète : on constate du premier coup d’œil l’isolement de l'Antarctique.

Via le lien ci-dessous, une carte animée montre le découpage des étendues d’eaux salées : elle permet de mieux rendre compte du rôle central des océans pour notre planète.

Contrairement aux autres océans délimités par des continents, l’océan Austral (Antarctique) est défini comme une masse d'eau qui entoure le continent antarctique au sud du 60° parallèle. On constate sa connexion directe avec les océans Pacifique, Atlantique et Indien. Cette connexion est établie par le courant circumpolaire antarctique, l’un des plus grands mouvements d’eau de la Terre, qui circule autour du continent dans le sens des aiguilles d’une montre. L’Antarctique n’est donc pas si isolée !

  
Figure 2 : Différentes façons de considérer les océans
© Quizimodo (Wikipédia)

         

Un monde gelé

Le continent est recouvert d’une couche de glace appelée inlandsis (75% des ressources mondiales en eau douce) atteignant jusqu’à 4km d’épaisseur.

Sous cette couche de glace se cache des îles, des volcans, des montagnes, des vallées et des lacs. C’est le continent le plus élevé du monde. L’altitude moyenne est de l’ordre de 2,3 km. L’Antarctique est traversé par les Monts Transantarctiques, chaîne de montagnes dont le plus haut sommet, le mont Kirkpatrick, culmine à 4 528 mètres (le point culminant du continent se trouve au mont Vinson qui culmine à 4 897 m). Cette chaîne divise l’Antarctique en deux parties. D’une part, face aux océans Atlantique et Indien, l’Antarctique orientale (ou Antarctique est), et d’autre part, l’Antarctique occidentale (ou Antarctique ouest).

La superficie de la glace est de 14 millions de km² l'été (soit 26 fois celle de la France métropolitaine).

Durant l’hiver, la surface de l’océan gèle et recouvre une surface d’environ 20 millions de km2.

         


Figure 3 : Falaise de glace

© Guillaume Lecointre

                 

Figure 4 : L'Antarctique durant l'été austral Figure 5 : L'Antarctique durant l'hiver austral

                          

L'Antarctique été Austral, hiver Austral

Le contour de l'Antarctique change en permanence. Moins de la moitié de la ligne côtière est formée de rochers ou de glace fermement associée à la roche. En effet les plates-formes glaciaires flottantes ainsi que les langues de glaciers qui avancent représentent 60% de la côte. La mobilité de la glace, les icebergs qui se détachent souvent des plates-formes, entraînent des modifications de l’aspect côtier.

La température la plus basse au monde jamais enregistrée était -89,2 °C en Juillet 1983, à la station russe Vostok. Six mois de nuits, six mois de jours. L'Antarctique est le continent le plus froid du monde. Le cercle polaire se défini comme la limite de l'espace où le soleil ne franchit plus l'horizon aux solstices.

     

Figure 6 : Vue satellite de l'Antarctique

© 1996,The living Earth,Inc / Terre Imaging
              

Pour visualiser l’éclairage de la Terre par le Soleil en temps réel : Cliquer ici

A cette latitude, deux périodes se distinguent :

Le solstice de décembre où le Soleil reste au-dessus de l’horizon et le solstice de juin où il reste en-dessous. Finalement, au pôle, la nuit de l’hiver austral (de Mars à septembre) entraîne un climat exceptionnellement froid, que l’été Austral ne parvient pas à compenser (à ces hautes latitudes, l’angle d’incidence des rayons du soleil est trop faible).

De plus, une importante quantité de l’énergie reçue est réfléchie sur la surface blanche de la glace (l’albédo). La quantité de neige tombant chaque année sur l’Antarctique est très faible (équivalent à 70mm d’eau par an). Cette neige s’est accumulée sur le continent depuis des millions d’année et ne fond jamais, elle se transforme en glace en se tassant. (Ces glaces renferment donc de précieuses informations sur le passé climatique de la terre).Ce continent lointain, avec ses températures extrêmes, ses vents violents, sa banquise, fût tardivement exploré. La coopération internationale s'est montrée nécessaire.

                 

Un continent consacré à la science, à la paix et à la préservation

A la fois témoin et acteur du climat et de son évolution, l’Antarctique fait l’objet de nombreux programmes de recherches scientifiques internationales et pluridisciplinaires.

Une carte détaillée, haute résolution en PDF est disponible pour les enseignants sur le site de l’IGN cliquer ici

Le Traité sur l’Antarctique et le protocole de Madrid 
               
En 1957-1958, l’Année Géophysique Internationale remporta un tel succès, en termes de coopération scientifique, qu’une conférence fut organisée à Washington en décembre 1959 au cours de laquelle les 7 pays revendiquant une partie du 6ème continent (dont la France) et quelques autres élaborèrent le Traité sur l’Antarctique, qui entra en vigueur le 23 juin 1961. Aujourd’hui, 46 pays ont rejoint ces premiers signataires. Ce Traité gèle les revendications territoriales et met en place un système de gestion internationale de la région située au sud du 60ème parallèle Sud dans un cadre de coopération scientifique entre les pays, de maintien de la paix et d’interdiction de toute activité militaire. Plusieurs autres instruments sont venus s’ajouter à ce Traité tels que la Convention pour la protection des phoques de l’Antarctique (Londres 1972), la Convention pour la conservation de la faune et de la flore marine de l’Antarctique (Canberra 1980) ou encore le Protocole relatif à la protection de l'environnement (Madrid 1981). Ce dernier, aussi appelé Protocole de Madrid, vise à assurer la protection globale de l’environnement en Antarctique Il désigne cette région de la planète « réserve naturelle consacrée à la Paix et à la Science ». Toutes les activités qui se déroulent en Antarctique sont soumises à des obligations de respect de l’environnement qui figurent dans six annexes qui traitent respectivement des études d’impact, de la protection de la faune et de la flore, de l’élimination et de la gestion des déchets, de la prévention de la pollution marine, de la gestion de zones spécialement protégées, et du régime de responsabilité en cas d’atteinte portée à l’environnement.

                     

Extrait de http://education.ign.fr/college-et-lycee/carte-de-lantarctique

Différentes nations entretiennent les bases en Antarctique : depuis 1952, près de 70 bases ont fonctionné. Elles représentent d’importants efforts techniques pour permettre de faire vivre des hommes dans ces conditions extrêmes.

Les projets de recherche financés par ces nations impliquent en général des collaborations de nombreux pays.

Les domaines de recherche scientifique polaires sont nombreux : météorologie, sciences de l’atmosphère, océanographie, glaciologie, géologie et géophysique, biologie, sciences spatiales etc…

Les animations ci-dessous montrent de nombreux aspects de la recherche au pôle :

Animation CNRS : cliquer ici

Animation educapoles.org : cliquer ici                                           

  

Regard sur la faune et la flore

La faune et la flore terrestres sont très limitées.

Peu d’espèces sont capables de survivre dans cet environnement extrême. Les végétaux rencontrés sont le lichens, les mousses et également des organismes microscopiques, des champignons et différentes formes de bactéries.

En revanche les mers et les zones côtières antarctiques sont très riches en espèces adaptées à ces eaux froides :

Massivement représenté, le phytoplancton et le zooplancton, à la base de toute la chaîne alimentaire antarctique, puis la faune marine (poissons, baleines, phoques..) sans oublier les manchots, pétrels, albatros…

Dans le cadre de l'Année Polaire Internationale, le CAML, un programme de recensement et d'étude de la biodiversité marine en Antarctique a fédérée des scientifiques du monde entier. Parmi ses actions, le programme CEAMARC a mis à disposition trois navires de recherche : « l’Aurora Australis », « l’Umitaka Maru IV » et « l’Astrolabe ». Du 16/12/2007 au 17/02/2008, des équipes scientifiques sont parties en mission au large de la Terre Adélie et de la Terre Georges V, dans la zone Est-Antarctique, à bord des trois navires. L’objectif de ces recensements est aussi d’établir des « stations zéro » qui seront par la suite à nouveau étudiées par des scientifiques afin d’y constater une éventuelle évolution biologique.Extrait du site meraustrales.mnhn.fr

Retrouver le suivi éducatif de cette mission réalisé par le muséum National d’Histoire Naturelle, sur le site : http://mersaustrales.mnhn.fr/